RIP H. R. Giger

Sur le fil de presse: “L’artiste suisse H.R. Giger est mort, lundi 12 mai, à l’âge de 74 ans.

Sur le fil de presse : “L’artiste suisse H.R. Giger est mort, lundi 12 mai, à l’âge de 74 ans.

C’est étrange combien les événements jettent parfois un éclairage nouveau.

Je suis assez vieux pour avoir vu le premier, ou le quatrième, c’est selon, épisode  de Star Wars au cinéma ce qui veut dire que je suis de cette génération. Je fus déçu du deuxième, heu… cinquième épisode avec le Yoda Muppet pour ensuite perdre tout espoir avec le troisième, OK, le sixième volet. Les Ewoks ? Tu rigoles ??

Alien est pour moi, le film qui a tout changé.

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J’ai découvert Giger seulement quelques années auparavant en inspectant la collection de disques d’un ami. Tarkus faisant exception, je n’ai jamais été un très grand fan d’Emerson, Lake and Palmer. Par contre, la couverture arborant Brain Salad Surgery allait rester gravée dans ma mémoire. L’image est probablement aussi forte que celle du premier disque de King Crimson, In the Court of the Crimson King. (Deux albums avec Pete Sinfield, Greg Lake, avec pour illustration le gros plan d’un visage. Analysez-moi ça.)

Grâce à Giger, j’ai vu dans la sortie de Alien un changement de paradigme graphique dans le monde de la SF. Il est triste de constater que la vision édulcorée à la Disney de la franchise Star Wars est devenue le standard en fin de compte. (soupir)

J’imagine que cet art était tellement étrange qu’il se devait de rester marginal.

L’art de Giger a de son côté conservé toute sa vitalité et dénicher un des ses trop rares bouquins était toujours une sacrée découverte. Son travail a beaucoup évolué depuis les jours du Necronomicon et je dois avoué que j’ai perdu intérêt là aussi même si je jetais un coup d’oeil sur son cheminement à l’occasion.

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Seulement aujourd’hui je réalise jusqu’à quel point tout ceci m’a influencé. Durant les années où je ne travaillais qu’en mode “analogue”, l’Aérographe n’a jamais été un outil de préférence et c’est seulement avec la venue de l’ordinateur et Photoshop que l’influence de Giger a inconsciemment refait surface. Je ne m’étais nullement rendu compte jusqu’à quel point les “biomécaniques” avaient opéré leurs mutations sur mon ADN. On devient ses influences.

Je regarde maintenant sur le travail fait pour Specimen13 ainsi que la bande dessinée Maelstrom et il semble d’une évidence imparable que je dois beaucoup à l’artiste suisse. Peut-être qu’hier, j’étais le seul à ne pas la voir.

Merci, Hans Rudolf “Ruedi” Giger.